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Sybille Luginbühl • Coach en relation d'aide
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* Vivre son idéal d'amour (Journal des Mamans 2 parties parues en octobre et novembre 2009)

 Articles parus en 2 parties dans le Journal des Mamans d'octobre et novembre 2009

 Vivre son idéal d’amour

télécharger la version pdf du mois d'octobre 09 (1ère partie)

télécharger la version pdf du mois de novembre 09 (2ème partie et fin)

S’élever

C'est une femme qui a pour idéal de semer l'amour autour d'elle. Dans les moments les plus difficiles, ces moments où d'autres font preuve de ressentiment, de vengeance, de jalousie ou de cupidité, elle s’accroche encore plus à son idéal et garde le cap.

Quand je lui demande comment elle fait, elle me dit qu'elle veut évoluer, grandir, et répandre à l’extérieur le meilleur de ce qu’elle possède à l’intérieur, comme chacun peut le faire.

Face aux difficultés… se purifier

Avec ses bons sentiments j'ai parfois l'impression qu'elle se laisse abuser, écraser, maltraiter.

Je la vois faire tout son possible pour ne pas renvoyer de négatif. Elle est comme un filtre : elle prend sur elle, elle pleure, est déçue, triste, blessée... puis elle lève la tête et voit alors son idéal qu'elle poursuit sans relâche. Parfois tout de même naît en elle une colère : cela arrive quand vraiment c'en est trop. Parfois aussi elle présume de ses forces et alors elle dépérit. Son énergie vitale diminue; c'est comme si elle tombait en dépression; elle perd sa joie de vivre. Je l'ai côtoyée quelquefois dans ces moments-là. Je l’ai vue pleurer de grands torrents, avec d'énormes sanglots qui montaient de son centre vital. Sa souffrance me faisait peur et la seule chose que je faisais était d'être là et de lui tenir la main sans empêcher l’expansion de ce débordement. Malgré  mon inquiétude, je sentais que cette eau qui sortait d'elle nettoyait, clarifiait quelque chose sur son passage.

Je ne savais pas très bien ce qui était ainsi soigné, mais je restais admirative de ce processus de purification si souffrant et que je sentais malgré tout vital.

Le cœur ouvert

Un jour, un homme qu'elle aimait depuis longtemps redevint célibataire. Cet homme elle l'avait accepté tel qu'il était, avec sa liaison. Elle était présente et avait pris soin de lui et de sa liberté de choix. Lui, il vivait une relation à distance qui au début de leur rencontre devait se conclure et qui a pourtant duré. Il restait donc, malgré plusieurs merveilleux moments partagés ensemble, un peu distant. Elle excusait son éloignement, ses vides, ses non-réponses, ses manques d'attention par le fait qu’il n’était pas libre. Si elle persistait à être et à donner le meilleur d'elle-même avec cet homme c'était par fidélité à son idéal d’amour, et aussi parce qu'elle ne croyait pas à un futur pour ce lien qu'il prétendait vivre.

Cet homme, elle l’a compris, l’a accepté et l'a aimé sans lui mettre de pression, sans le manipuler, sans le contraindre.

J'ai vu comment cette femme a pu développer de l'amour au-delà d'elle-même.

Elle a littéralement transcendé ses souffrances d'absence, de vide, d'éloignement, de négligence...  qu'il lui proposait presque malgré lui, aurait-il dit.

A chaque blessure réveillée, elle trouvait quelque chose à améliorer en elle, à transformer dans ses pensées, à vivre différemment et alors fidèle  à son désir de vivre un monde d'amour, elle lui redonnait de la présence, de l'attention, du bien-être.

Se protéger pour mieux repartir

Trois fois la relation est devenue trop souffrante pour elle. Trois fois elle a quitté cette situation durant quelques mois. Comme en elle, son amour restait vivant, pendant ces vides,  elle  grandissait encore intérieurement en développant toujours plus de non-jugement et d'acceptation pour ce qui était. Elle semblait increvable et je me demandais où elle trouvait toute cette énergie pour repartir à chaque fois.

Quand elle a su qu'il était libre depuis quelques mois, son espoir de vivre une relation au top l'envahit. Elle se remémora, malgré qu’à l’époque il n’était pas libre, tous les bons et intenses moments vécus en commun.

 Espoir partagé… et déçu

Elle a choisi de le revoir. Il était charmant, séducteur, affable, content de la retrouver. Avec courage elle lui proposa de vivre ensemble une relation plus profonde : elle l’aimait toujours et il lui avait dit si souvent son désir de vivre un lien fort et authentique avec une femme.

Là... recommença l'attente, le vide, les non-réponses et l'éloignement. Tout  recommença… et pourtant « l’ancienne femme-excuse » n’était plus dans sa vie. Alors une question lui vint à l'esprit.

- Pourquoi est-ce que je me laisse ainsi maltraiter ? Qu'est-ce qui me fait retourner vers cet homme et accepter cette conduite de non-soin et de rejet ?

Ses attitudes d'alors lui revinrent à l'esprit et l'excuse de cette femme ne le sauva plus... il se révéla à elle comme jamais elle n'aurait voulu le voir : indécis, fuyard, lâche, voire manipulateur.

Son désir d'un monde d'amour l'empêchait jusqu'alors de mettre de tels mots sur son comportement. Et pourtant elle devait se rendre à l'évidence : sa conduite était la même malgré la situation différente. Elle avait cru possible un avenir commun heureux, et son attitude lui révélait qu’elle s’était bercée d’illusions.

Ce n’était pas tout

Une autre évidence la marqua encore plus : « en elle était inscrite depuis toujours sa capacité à faire face à des personnes qui ne prenaient pas soin d'elle ».

Cette prise de conscience lui fit très mal.

Depuis sa plus tendre enfance, fillette super sensible, elle avait face au manque d'attention et de soin de son entourage proche. Sous stress et apeurée en permanence elle avait vécu... survécu. Elle avait fait face.

Plus âgée, partie de la maison, sa famille ne s'enquérait jamais de son bien-être ou de sa vie. Elle s'est mariée à un homme qui était si préoccupé par son malaise intérieur que lui non plus ne pouvait pas prendre soin d'elle. Elle s'en accommodait puisque c'était cette énergie de peine, de douleur, de manque qui les avait réunis. Souvent elle hurlait, pleurait, était blessée, mais avec lui aussi elle levait la tête, regardait son idéal, travaillait sur elle et grandissait.

Elle a fini par divorcer : c'était devenu une question de survie. Ca été sa façon de prendre soin d'elle.

Prise de conscience

Tout à coup avec ce nouvel homme libre qui pourtant restait enfermé en lui-même et ne pouvait toucher ni ses propres sentiments ni ses sentiments à elle, elle reçu en pleine face et en plein coeur le fonctionnement qu’elle avait utilisé depuis bientôt un demi-siècle :

« en elle était inscrite sa capacité à faire face à des personnes qui ne prenaient pas soin d'elle ! »

Depuis bientôt un demi-siècle elle savait supporter la douleur, la tristesse, les blessures, la maltraitance, le manque de soin...  et elle savait les transformer et en faire quelque chose de positif.

Elle savait rebondir... car elle avait appris à relever la tête, à fixer son idéal, à se relever et à continuer de se bonifier.

Au moment de sa prise de conscience d'avoir accepté si longtemps la maltraitance, elle était abattue.

Acceptation et transformation

Comme on voit sa vie défiler à l'approche de la mort, elle vivait en direct ses souffrances et surtout cette acceptation de vivre avec de la maltraitance comme si c’était une normalité. Elle avait mal... très mal, mais en même temps que cette douloureuse rétrospective se revivait en elle,  elle savait qu'elle était en train de guérir. En même temps qu’elle se demandait comment elle avait pu accepter de se faire pareillement mal elle savait déjà qu’elle ne voulait plus cela et que quelque chose changerait.

En même temps qu'elle revivait et acceptait ses douleurs elle se sentait remplie d'amour... remplie de cet amour qu'elle avait semé et cultivé en elle pour dépasser et soigner ses détresses.

Et c’est cet amour que désormais elle mettrait au service de sa vie.

Aujourd’hui à presque 50 ans elle est plus rayonnante qu'à vingt ans. Malgré ses multiples souffrances vécues, elle est devenue belle à l’intérieur et à l’extérieur. Elle a transformé ses douleurs en amour et c’est sûr que c’est cet amour qu’elle a fertilisé, qui vit en elle et qu’elle met quotidiennement au centre de sa vie qui la rend sybelle.

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